Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/412

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Quelques instants après il ajouta :

— Je voudrais bien revenir comme j’étais avant les affaires de l’évêché, mais je ne puis pas dire que je n’ai pas vu ce que j’ai vu.

— Laissez-donc tout cela désormais, Monsieur Baillard ; on vous demande tout simplement de faire un acte de foi complet avec votre évêque, avec le souverain pontife Léon XIII et avec l’Eglise catholique, et puis que vous ayez un regret parfait du passé et une confiance inébranlable dans l’infinie miséricorde de Dieu.

— Dieu est mon espérance, Spes mea Deus, telle a toujours été ma devise.

Un tumulte s’élevait dans l’âme dut Père Cléach ; maintenant il voyait dans le pauvre Léopold un frère aîné malheureux, et mieux encore un prêtre plus rapproché que lui-même de la divinité.

— Mon vénérable et vieil ami, dit-il (et il ne savait pas d’où il tirait ses paroles, et tandis qu’il les prononçait il s’en étonnait lui-même), je vous aime et je vous respecte. Pour le salut éternel de votre âme je vais vous confesser : In nomine patris…

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Quand ce fut fini, les deux prêtres s’embrassèrent. Et le Père Cléach, retenant les