Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/414

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Comment se serait-il ému de quelques murmures hostiles, alors qu’il avait encore sur lui le regard reconnaissant de Léopold, un regard de mourant épanoui pour une nouvelle vie !

Au couvent, où il arriva comme porté par deux ailes, on ne partagea pas tout son enthousiasme. Certes, on appréciait le résultat obtenu : Léopold s’était confessé. Mais l’attitude de la cuisine donnait grandement à réfléchir. On rappelait la tactique constante de Vintras et des pontifes : éclairer ou illuminer les fidèles et leur permettre ensuite de se conformer à la liturgie catholique.

— Léopold est de bonne foi, répétait le jeune Oblat.

On lui montra une lettre de l’Évêque, très sage et très nette, qui précisait bien le double problème : sauver une âme et purifier la colline. Il fallait une rétractation solennelle.

Très troublé, le Père Cléach s’en alla prier devant la Vierge de Sion, tandis qu’on courait en hâte avertir MM. Morizot et Joseph Colin, le cordonnier, les deux anciens du village, pour qu’ils servissent de témoins à la rétractation solennelle de Léopold. Puis il prit le Saint Sacrement et précédé de la sonnette, se dirigea vers la demeure de Marie-Anne. On le suivit, et bientôt presque tout le