Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/44

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de Bénédictines avait existé sur ce bord de la Moselle, avant la Révolution. Ce lui fut une indication de la Providence.

L’imagination de Léopold était maigre, sans génie, je veux dire incapable d’invention, mais d’une force prenante extraordinaire. Qu’on lui fournît un point de départ à son gré, il n’en démordait plus. Il se tenait sur l’idée qu’il avait une fois faite sienne avec cette application obstinée, minutieuse et si souvent bizarre que l’on voit chez les dessinateurs lorrains. Quand il fut parvenu, à force de démarches, à repeupler de Bénédictines l’ancienne maison de Flavigny, qui devint rapidement par ses soins le plus prospère pensionnat de jeunes filles, il se plongea, pour être digne de diriger ces dames, dans l’étude des maîtres de la vie mystique et des fondateurs d’ordre. Et nul d’eux ne lui plut autant que le grand saint de la Lorraine, l’émule de saint François de Sales, le précurseur de saint Vincent de Paul, bref, le Bienheureux Pierre Fourrier de Mattaincourt, le Bon Père, comme on l’appelait. Il s’enthousiasma pour ce beau génie pratique, d’une imagination inépuisable dans le bien, qui fonda les douces filles congréganistes, dont les phalanges, blanches et bleues de