Page:Basset - Nouveaux Contes berbères, 1897.djvu/64

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

vinrent dire au berger : « Donne-nous une brebis. » Il leur donna le lévrier. Ils partirent, en le traînant derrière eux. Quand ils furent loin, ils s’arrêtèrent. Le chacal dit au hérisson : « Attends que je l’examine pour savoir si elle grasse ou maigre. » Il l’examina : « Elle est grasse, » dit-il. Le hérisson reprit : « Mon cher, la laine est de laine de brebis, mais les pieds sont ceux de mon oncle le lévrier. — C’est une brebis, répliqua le chacal. — Tiens-la pendant que je la regarderai, » ajouta le hérisson.

Le chacal la tint, le hérisson en fit le tour et reconnut aux pieds et à la queue que c’était un lévrier. Il dit à son compagnon : « Attends-moi, je vais boire de l’eau, car j’ai soif ; puis je reviendrai et nous la mangerons. — Va, et ne sois pas long. — Je ne tarderai pas, » répondit le hérisson, puis il s’en alla. Il prit la fuite et se cacha sous un arbre. Le chacal l’attendit : quand il trouva qu’il tardait, il pensa que le hérisson s’était enfui. Il se mit à réfléchir sur ce qu’il ferait de celui qu’il tenait, ne trouva rien, lâcha le lévrier et prit la fuite. Mais l’autre courut après lui, l’atteignit, le déchira et revint vers le berger (140).