Page:Bastide - La Petite Maison.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Je n’ai pas eu les paroles qu’il suppléa à celles-là, mais elles renfermoient en termes ingénieux l’abjuration de l’inconstance et le serment d’aimer toujours. Mélite parut touchée, et cependant fit une petite grimace.

« Vous en doutez, lui dit-il, et en effet je n’ai pas mérité de vous persuader. Je ne vous ai attirée ici que par mes étourderies ; vous n’y êtes venue que sur la foi du mépris le plus juste. Ma réputation s’armeroit contre des preuves, et c’est par des sermens que je débute avec vous ! Cependant il est certain que je vous adore. C’est un malheur pour moi, mais il ne finira point. »

Mélite ne vouloit pas répondre ; mais, sentant qu’il étoit sincère, qu’elle lui devoit quelque chose, et qu’il alloit être malheureux si elle ne s’acquittoit, elle le regarda encore tendrement.

« Je vois que vous ne voulez pas me croire, reprit-il ; mais je vois en même-tems que vous ne pouvez pas tout-à-fait douter.