Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/154

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Scène X


DON JUAN, ALONSO, puis LE PATRON DE L’AUBERGE, puis PABLO


DON JUAN.

Partie !… Elle épousera le général.


ALONSO, (s’épongeant le front.)

Ouf !… Je crois, mon cher, qu’elle vient de nous rouler dans une jolie farine ! Je n’en puis plus…


DON JUAN.

Qu’importent ces rustres !… M’est avis que j’aurai quelque mal à sortir de mon anonymat, et à retrouver ma peau !


ALONSO.

Aussi, que t’a-t-il pris de changer tout à coup ta lecture et de substituer le faux manuscrit à l’authentique ?


DON JUAN, (avec des gestes saccadés.)

Alonso, dès le premier pas, je m’aperçois que j’ai omis de mettre là-dedans un ingrédient indispensable !


ALONSO, (ramassant à terre les feuillets épars.)

Lequel ?


DON JUAN.

…La poésie !… La mauvaise, la fatale, la fade poésie… sans laquelle la postérité elle-même ne pourrait rien ingurgiter !

(Le patron entre, attiré par le bruit.)