Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/220

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BARNAC.

L’égale de moi-même… Brrr !… Quelle horrible perspective ! Je l’ai toujours envisagée avec horreur !


GENIUS.

Mais cela ne vaudrait-il pas mieux que d’être, à ton âge, à un pareil tournant de carrière, exposé à ces inconvénients de l’amour, qu’on dédaigne à vingt ans parce qu’ils sont les marques mêmes de notre jeunesse, mais qui deviennent plus injurieux à l’époque de la maturité ?


BARNAC.

Peste !… Quel bel euphémisme pour dire une chose aussi simple et aussi… moliéresque !


GENIUS.

Il y a des situations que, seuls, des êtres bas rendent triviales ! On plaint un homme tel que toi. On n’en rit pas.


BARNAC, (après un petit temps, se reprenant.)

Et puis, mon Dieu, oui, peut-être avez-vous raison… oui… vous, mes gardes du corps !… Mais alors, aidez-moi… mes amis… aide-moi…

(Il s’approche de la table à thé, près de laquelle Genius vient de s’asseoir.)

GENIUS, (lui saisit la main.)

Et de tout mon cœur !

(Barnac s’assied, la table entre eux.)

BARNAC.

Alors… vas-y !… (Très doucement, d’une voix insidieuse.) Dis-moi le nom ?…


GENIUS.

Assez sur ce sujet !