Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/283

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Taxi… taxi… voiture… Non, ce n’est pas lui… (Tout à coup.) Ah ! voilà.

(Elle referme la fenêtre, va prendre sur le piano le rôle copié que Sergyll a apporté et se met exprès à répéter à haute voix. On entend des choses comme « À quoi bon mentir ? Les infidélités de l’imagination sont-elles des arguments pour votre cruauté ? Eh bien ! non, Philippe ! Vous venez de porter des accusations contre lesquelles je m’insurge. À quoi bon prolonger une équivoque… » De temps en temps elle baisse le ton pour prêter l’oreille aux bruits de l’antichambre. Quand elle a entendu claquer la porte, elle élève la voix et récite avec gestes.)


Scène VIII


BARNAC, MARTHE


BARNAC, (sur le seuil en chapeau et en pardessus, tête basse.)

Quelle aventure !… Crois-tu ?


MARTHE, (se jette à son cou, avec élan.)

Pauvre chéri !… Je suis désolée !… Où as-tu déjeuné ?


BARNAC.

Mais, à Melun, avec les autres…


MARTHE.

Tu dois être éreinté ?… Comment cette bête d’histoire a-t-elle pu arriver ?


BARNAC.

Tout à l’heure. Je te raconterai en détail… Qu’est-ce que tu faisais ? Tu répétais ?