Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/300

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l’un sans l’autre… Je ne pourrais plus vivre sans toi !… J’ai mérité toutes les punitions… mais l’adieu… ah ! non ! non ! Ce serait au-dessus de mes forces !… Je deviendrai si sage, si tienne… tellement à toi !… Tu verras bien à la fin qu’on peut pardonner !


BARNAC.

Tu as même rendu le pardon impossible… Tu t’es galvaudée… tu m’as ridiculisé… humilié… bassement. (Avec désespoir.) Pourquoi, pourquoi as-tu fait ça ?… Moi qui t’ai aimée si gentiment !… Oh ! ton parfum… qu’il est abominable maintenant à respirer !


MARTHE.

Mon parfum, oui, celui de moi, blottie en toi… Donne ta bouche ! Nous nous calfeutrerons dans notre chez nous, dis ? Et la campagne, dont tu parles ! Oh ! la campagne… nous irons pas ? C’est si bon l’hiver, ensemble…


BARNAC, (se débattant faiblement.)

Laisse-moi… laisse-moi… Tu m’étouffes ! Tu m’étrangles !


MARTHE.

Ah ! Ce n’est pas moi qui t’étouffe !… C’est ton cœur qui faiblit !… Tu sens bien que rien ne peut nous séparer ! Donne, donne ta bouche !

(On frappe à la porte.)

BARNAC, (dans un sursaut.)

Entrez !


MARTHE.

Es-tu fou ?… Personne maintenant ! Je t’en supplie !…