Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/312

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BARNAC.

Mais comment donc… les coupures, ça me connaît.

(Guérin et Mabella vont à la table.)

GENIUS.

Eh bien, mon ami, quel est ton état d’âme actuel depuis quinze jours que j’ai été privé de te voir ?


BARNAC.

Genius, je me sens toujours aussi abominablement mélancolique…


GENIUS.

C’est affreux.


BARNAC.

Après deux ans, et deux ans d’effort, de lectures passionnées, de régularité au travail du dictionnaire !… Et vous tous, si bons pour moi, si attentifs, vous m’avez pourtant apporté votre petite solution morale… Regarde Guérin ; si dévoué, si attaché à moi, le brave homme ! Sa solution, et dans laquelle il a obstinément confiance, c’est : la petite femme !… La petite femme !… Je lui laisse cette illusion en souriant, pour ne pas le contrarier…


GENIUS.

Mais cependant, Jeanne Marel ?


BARNAC.

Oui, c’est une femme charmante, très dix-huitième, que la Comédie-Française n’empêche pas d’être aussi lettrée que Mademoiselle Aissé… Elle vient, de temps en temps, m’apporter un peu de sa bonne grâce… (Geste vague.) Odor di femina !…