Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/360

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réfléchissez bien auparavant, maître, afin que plus tard vous ne regrettiez pas le mouvement que votre délicatesse vient de vous inspirer.

(Il a parlé posément, mais en cherchant ses mots et ces formules un peu oratoires, pour ne point se montrer inférieur à la situation.)

BARNAC.

Je vous entends… C’est parler en homme d’esprit et d’expérience… Mais je ne veux pas connaître la limite de vos accords personnels à tous deux ni leur chance de durée. Tout cela est pour moi lettre morte… Et quand bien même une séparation surviendrait, je n’en regretterais pas pour cela d’avoir agi comme un galant homme doit agir… Puis-je compter formellement sur votre acceptation ?…


SERGYLL, (hésitant.)

C’est à Mademoiselle Dellières de répondre pour moi… Je ferai ce qu’elle ordonnera de faire.


MARTHE.

Vous devez accepter ce que Monsieur Barnac vous propose. Voilà mon sentiment, très net.


SERGYLL.

C’est convenu, je m’incline.


BARNAC.

Parfait. Dans ce cas, deux lignes. (Il indique la petite table à écrire, Sergyll prend la plume et s’assied. Barnac dicte.) « J’autorise Monsieur Barnac à se substituer à moi pour tout règlement de l’affaire Benoitier… » Signez, s’il vous plaît ?… (Sergyll, un peu pâle et contracté, s’exécute, puis rejette la plume