Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/166

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KRILITZOF, soulevant sa tête en toussant.

Non, non.


MARIA.

Reste bien enveloppé… Il faut que nous passions ce jour de Pâques tous ensemble.


NOWODOROFF, un prisonnier, très grand, à l’air rude et sarcastique, une pipe dans les dents.

C’est un jour comme les autres, je crois… Christ est ressuscité… oui, pour les popes, il ressuscite toujours… Pour nous, il meurt un petit peu tous les jours.


MARIA, à un prisonnier, en montrant Krilitzof.

J’ai peur qu’il ne passe pas la nuit.


PREMIER PRISONNIER.

Pauvre enfant !… La neige de Sibérie n’aura pas voulu l’épargner.


MARIA, arrangeant une marmite.

Aidez-moi à allumer le feu là-dessous, si vous pouvez… Le bois est si humide.


UN PRISONNIER, dans le fond.

Hél Regardez-là, sur ce poteau ! (On se rapproche, on va voir l'arbre.) Tiens, lis, toi, qui sais lire.


DEUXIÈME PRISONNIER.

C’est vrai, une inscription au couteau.


PREMIER PRISONNIER, lisant à haute voix péniblement.

« Je suis passé par ici le 17 août 1880 avec un