Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/323

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bien droit que Ganelon soit pendu, et ses parents qui ont répondu pour lui. »

CCLXXXVII

QUAND Thierry eut gagné sa bataille, l’empereur Charles vint vers lui. Quatre de ses barons l’accompagnent, le duc Naimes, Ogier de Danemark, Geoffroy d’Anjou et Guillaume de Blaye. Le roi a pris Thierry dans ses bras ; des grandes peaux de son manteau de martre, il lui essuie la face, puis rejette le manteau : on lui en met un autre. Très tendrement on désarme le chevalier, on le monte sur une mule arabe ; on le ramène avec joie et en bel arroi. Les barons rentrent dans Aix, mettent pied à terre sur la place. Alors commence la mise à mort des autres.

CCLXXXVIII

CHARLES appelle ses ducs et ses comtes : « Que me conseillez-vous à l’égard de ceux que j’ai retenus ? Ils étaient venus au plaid pour Ganelon ; ils se sont rendus à moi comme otages de Pinabel. » Les Francs répondent : « Pas un n’a le droit de vivre. » Le roi appelle Basbrun, un sien voyer : « Va, et pends-les tous à l’arbre au bois maudit. Par cette barbe dont les poils sont chenus, s’il en échappe un seul, tu es mort et venu à ta perte. » Il répond : « Que puis-je faire d’autre ? » Avec cent sergents il les emmène de vive force : ils sont