Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/104

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son poing de petits bonnets, jouait avec le chat, perdait le temps de toutes les manières, jusqu’à ce que le jour tombât. Alors, elle se ficelait à la hâte et descendait aux provisions ; une fois dehors, elle recommençait à flâner aux devantures de magasins, à lire les affiches de théâtre, à promener son indolence, et elle rentrait toujours trop tard pour faire le dîner qu’elle improvisait. La seule chose qui la secouât un peu de sa torpeur, c’était un billet de spectacle pour le soir, car elle raffolait du théâtre.

Le pauvre Lazoche adorait cette marmotte, et l’idée de la voir privée de son bain matinal, par exemple, l’épouvantait plus que la misère pour lui-même. D’ailleurs, un secret instinct l’avertissait que cette femme tenait plus au bien-être qu’à l’amour ; il sentait qu’elle ne résisterait pas au moindre changement dans ses habitudes et qu’elle avait la fainéantise dans le sang.

Il avoua un jour à Saintonge, atterré, qu’il se félicitait de ne pas avoir d’enfants de sa femme, bien qu’il en eût désiré ardemment, tant il craignait que la maternité fût mortelle à ce tempérament de harem.

Il fallait donc aviser à trouver quelque autre métier. Confectionner de nouveau des Venises