Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/71

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— Vous n’auriez pas dû en bouger, maugrée l’oncle, sardonique.

Mais il faut sauver l’enfant. Je m’en charge, je suis bon plongeur, heureusement, en mer comme en eau douce. L’enfant d’abord, le reste après, assassins ! Et j’ai déjà dépouillé ma veste. La tante éclate de rire :

— Pas la peine de vous enrhumer pour le petit. Tenez, voyez !

Et elle me montre le terre-neuve, qui a dénoué sa rosette et qui nage droit à la place où a disparu l’enfant. Il le ramène par la ceinture, traînant en sus, au bout de la corde, la pierre qui flotte, car elle flotte la pierre. Je m’en saisis. Elle est en liège. Ou je deviens fou, ou je rêve !…

— Le film est raté, crie de la fenêtre l’opérateur.

— Comment, raté, le film ? Est-ce que vous êtes ?…

— De simples acrobates, monsieur. Nous reconstituons, d’après le procès, le fameux crime du moulin pour une maison de cinémas.

— Oui, et il n’a pas eu de témoin, le crime du moulin, vous le savez, pas même un peintre ! Recommençons tout, mon petit Jules.

— Si tu veux, maman, l’eau est très bonne.