Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/72

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LE MARIAGE DE CAMBRONNE


Mon grand-oncle maternel, le capitaine Peyrot, était à Waterloo, dans la garde. Il y avait été foudroyé par la mitraille anglaise à côté de son général, l’illustre Breton Pierre-Jacques-Étienne Cambronne, le héros du « Dernier Carré », et laissé, comme lui, pour mort sous la pile sanglante des grenadiers du 2e bataillon de la troisième des braves. Il eut la chance, « si c’en est une », disait-il, d’être relevé, lui aussi, vivant encore, par les mêmes infirmiers de Wellington qui cherchaient, par ordre, son chef « dans la bouillie », et, avec lui, on l’emmena « par-dessus le marché » en Angleterre. Ils y guérirent d’ailleurs tous les deux et revinrent ensemble en France, sous la Restauration, mon grand-oncle toujours célibataire, Cambronne marié.