Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/73

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Et marié à une Anglaise !…

Le capitaine Peyrot, qui avait tout vu, « tout, tout », et ne s’étonnait plus de rien, « rien, rien », ne digérait pas ce mariage.

— Ce serait, clamait le vieux grognard, à vous dégoûter de l’amour si ce n’était fait depuis longtemps !

— Fut-ce donc par amour, mon oncle ?…

— Qu’il l’épousa ? Pas autrement. J’y étais, j’en sais quelque chose peut-être.

— Mais comment ?

— Voici. D’abord tu connais la phrase, n’est-ce pas, la fameuse phrase : la phrase historique ?…

— La garde meurt….

— C’est ça. Moi, je ne l’ai pas entendue, quoique je fusse à côté de lui, dans le carré, qui fut un triangle, entre parenthèse. Mais elle est authentique, quoique, à Londres, on la mît en doute lorsque nous arrivâmes. On la discutait partout, dans la plus haute société, et il y suscitait le dénigrement bien naturel de nos vainqueurs. Rien d’aussi beau dans l’antiquité, disaient les uns, ni dans Corneille, ni même dans les Bulletins de la Grande Armée ; il ne l’a pas dite, assuraient les autres. Le général était très embêté du débat, on n’a su pourquoi