Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/77

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vous bénisse ! » Or, elle voulait, l’Anglaise, que Cambronne lui parlât de Waterloo. Elle ne l’avait pris chez elle que pour ça ; j’en ai la conviction absolue. Tenir la vérité vraie, sur la bataille, de celui qui en avait été le héros, c’était le nanan du nanan pour ses trente-deux dents britanniques. Elle damait ainsi le pion à toutes ses rivales de la gentry, et c’était comme si elle eût l’autographe du dernier bulletin de Napoléon. Mais le général demeurait muet et impénétrable.

« — Voyons, de vous à moi, les portes closes, la phrase, la magnifique phrase, lui demandait la sirène, est-elle telle qu’on la cite ? L’avez-vous dite ? Répondez-moi, si vous m’aimez ?

« Il secouait la tête, mais ne descellait pas la mâchoire.

« — Ah ! s’écriait-elle, vexée, vous savez qu’on l’attribue à un autre ?

« — Laissez, faisait le persécuté, qui était la probité même.

« Cette probité n’avançait pas ses affaires de cœur, et il se rendait fort bien compte que l’intérêt qu’il inspirait à l’hôtesse diminuait de jour en jour avec la certitude d’avoir à elle, et chez elle, l’homme du mot immortel.

« C’est encore une vérité, petit, que ton grand-