Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LOYS ÉGAROT OU L’ARGENT D’AUTRUI


Lorsque, afin de se disculper de la ruine de tant d’honnêtes gens qui lui avaient apporté leurs économies pour qu’il les centuplât dans le laps de temps le plus court possible, le grand joueur d’argent d’autrui, Loys Égarot, comparut au tribunal présidé par Thomas Mévère, notre d’Aguesseau moderne, il laissa d’abord parler son avocat, le célèbre Paul Archet, surnommé le Cicéron des krachs, et qui s’en est fait une spécialité européenne.

Ce ne fut pas long. En trois heures de temps, plaidoyer compris, Loys Égarot écopa ses trois ans de prison, un par heure. Le président Thomas Mévère ne badinait pas avec les « spéculateurs éhontés, déshonneur de la République d’affaires ». La foudre de l’arrêt reçue, le fou-