Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/94

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tous les noms de l’honnête homme, stupide, génial ou médiocre. Beaumarchais en a démasqué un, le comique qu’il appelle Basile, et Shakespeare un autre, le tragique, Iago ; il résulte de leurs deux types que soit pour la calomnie, soit pour la médisance, mortelles d’ailleurs à l’envi, le sieur On, c’est vous, moi, et toute l’espèce humaine, des deux sexes s’entend, car il n’est femme qui ne soit une Mme Onne.

J’avais d’abord accepté avec enthousiasme la tâche imposée par le général, et c’était, au tribunal intime de ma raison, la réparation juste et « propre » de l’injure. En découvrir l’éditeur responsable, soit le premier qui l’avait de son plein gré lancée dans la circulation où je l’avais recueillie pour en souffleter directement l’intéressé. Je me mis donc en chasse, aidé de Charles, puis seul, car, au bout d’un mois, mon cousin se lassa de l’inutilité de la vaine entreprise.

Personne ne savait ce que je voulais dire, ou bien c’était le secret de Polichinelle, ou encore le : « D’où sortez-vous ? » évasif de ceux qui « s’en lavent les mains ». Les hautains, friands de la lame, ne me reconnaissaient aucun droit de m’enquérir à ce sujet, et, sous l’éventail, les dames Onne s’esquivaient en un sourire.