Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/98

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LAZOCHE, PEINTRE D’IDÉAUX


Parmi les membres honoraires de cette fameuse société des Place-aux-Jeunes qui a tenu en échec pendant sept ans et bouleversé du haut un bas la paisible bourgeoisie des Ternes, il y avait un peintre nommé Lazoche, qui était un bien drôle de corps.

Lazoche avait été découvert par Saintonge, l’un des sept titulaires, et présenté par lui à la société comme un bonhomme très fort, et n’ayant pas son pareil pour l’article Venise, article alors fabuleusement demandé par les débitants de peinture. Les Venises de Lazoche lui étaient prises sans marchander, quoiqu’il ne mît pas plus d’une heure à les exécuter, et cela, disait Saintonge, à cause de leur couleur locale « à tromper les pigeons de Saint-Marc ». Lazoche, d’ailleurs, ne vivait que de cette pro-