Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/101

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« On a parlé ensuite de la distribution. Je ne veux pas vous donner de fausse joie, mais on la rêve aussi excellente que possible.

« Assez ! Il y a bien quelques légères modifications à faire, mais je vais vous les préparer, mon cher Berge, et je suis convaincu que vous les accepterez. Elles sont justes, utiles, et je les affirme bonnes.

« J’ai fait d’une pierre, je ne dirai pas deux coups, mais je compte que le ricochet au moins réussira d’ici à une quinzaine. Je vais leur dire La Femme est comme votre ombre, de Ferrier. C’est arrangé. C’est charmant, plein d’esprit, et je compte les enfoncer eux et leurs portes, une seconde fois. Vive la joie ! ma soirée d’hier n’a pas été perdue. J’ai joué Gringoire, j’ai lu votre pièce et je suis allé entendre le quatre et le cinq des Huguenots pour y chercher ma femme, qui était heureuse d’avoir passé une soirée à écouter cette prodigieuse musique et à contempler Madame l’Impératrice des Francs.

« Et voilà.

« Maintenant, vite à la besogne ; la chaudière bout, ne laissons pas éteindre le feu.

« Dans quinze jours, il me faut les deux premiers actes de vos cinq… et turlututu !

« Tous vos amis vous font leurs compliments. Ferrier est enchanté de votre réussite, et je vous le dis. Moi, c’est tout comme, les miens aussi, et je suis j’en suis sûr, votre dévoué, n’est-ce pas ?

« C. Coq.

« Vite une réponse. »

C’est ainsi que, bouillant d’ardeur, contagieux de vie et Titus de chaque journée, il allait, venait,