Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/193

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II

« LES CUIRASSIERS DE REICHSHOFFEN »


La vie devenait assez difficile à gagner dans les journaux, remplis presque entièrement par les choses militaires, et, d’autre part, ma pièce au Théâtre Cluny battait de l’aile ; le drame désormais était dans la rue, ou plutôt à la frontière. Il convenait d’aviser. C’était d’autant plus nécessaire, qu’un soir en rentrant chez moi, j’y avais retrouvé un ami, familièrement installé, sous le prétexte d’ailleurs plausible qu’il arrivait de Menton et ne savait où loger ni se nourrir dans la capitale. C’était l’homme aux papillons, mon cher Alexandre Grand. Il n’y avait plus d’Anglaises là-bas, dans les torrents en fleurs. Toutes s’étaient sauvées à Londres. Du reste, il venait s’enrôler et prendre le fusil.

Le lendemain matin, je sifflai Bistu et m’en allai à la provende. J’avais, y compris Point-et-Virgule, quatre bouches à alimenter, et chaque jour amène son pain si le dimanche le remporte. On criait sur l’avenue des nouvelles de nos armées. Elles n’étaient