Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/374

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— Tenez, allez-vous-en… Vous épousez une jeune fille charmante, dont le père est l’un des hommes que j’admire le plus au monde. Vous pouvez le lui dire de ma part. Gardez vos meubles, et, après le déjeuner, emportez-les chez lui. Je vous les mets dans la corbeille.

Deux ou trois jours après, la calèche du père Giraud débarquait Théophile Gautier et les siens devant l’ajoupa des Peaux-Rouges des Ternes. Ils étaient tous là, sur le pas de la porte ; et ils lui firent la haie d’honneur. Le couvert avait été dressé — et fourni — par Armand Silvestre, les fleurs disposées en gerbes par Armand d’Artois, Maurice Dreyfous et le Zambre. Frédéric André s’était chargé des nourritures et des breuvages, et la mère Labit, extasiée de joie, dirigeait le dernier repas de corps de notre bohème. Quant à Zizi, il me remit au dessert, posée comme une odalisque sur un divan turc, une splendide pipe d’écume dans son étui.

— Voici ta pipe de noces, me dit-il. Tu remarqueras que, par décence, elle est culottée.