Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/384

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XII

LA DAME AUX YEUX DE VIOLETTE


Ce n’est pas sans une émotion violente que l’autre soir, à l’Opéra, j’ai vu, dans le ballet La Fête chez Thérèse, sortir des ombres du passé la figure de Carlotta Grisi évoquée par Catulle Mendès, qui lui-même est allé la rejoindre au paradis des poètes — et de leurs muses. Ceux qui sont avisés de mes liens de parenté avec la célèbre danseuse comprendront certainement l’effet que devait produire sur les miens, et moi-même, une réincarnation scénique de celle que Théophile Gautier appelait « la dame aux yeux de violette » et que nous nommions, nous : notre tante. Elle l’était de reste, puisqu’elle fut la propre sœur de la mère des deux jeunes filles du maître, Ernesta Grisi.

Je me hâte de dire que, dans le ballet de l’Opéra, rien ne contrevient, non seulement à des sentiments qui sont le bien de chaque famille, mais à la vérité