Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 3, 1912.djvu/236

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nocle, et il me regardait sans mot dire. — Qu’est-ce qu’il y a, fis-je en me sentant percé de part en part ? — Viens donc un peu ici, me dit-il, en m’attirant dans un petit coin. Sont-ils bêtes, hein ? — Pourquoi ? — L’homme masqué, voyons ! C’est toi. — Chut, je t’en prie, voici Laffitte qui rôde autour de nous. — Il ne sait pas alors ? — Non.

Et Daudet, laissant tomber son carreau, devint grave. — Écoute, reprit-il, et crois-moi. Les pseudonymes, leur effet est sûr, oui, mais on y joue sa carrière. — Pourquoi ? — Parce qu’ils s’enchaînent, et à chacun d’eux il faut recommencer. Souviens-toi de ce que je vais te dire, mon brave. Ils te feront « débuter » toute ta vie. — Qui, ils ? — Eux. Et il me montra Jules Laffitte.

Il était bon prophète. Je débute encore.