Page:Berlioz - Voyage musical en Allemagne et en Italie, II, 1844.djvu/21

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EN ITALIE. 9

Les candidats, munis du lumineux poème, étaient alors enfermés isolément avec un piano, jusqu’à ce qu’ils eussent terminé leur partition. Le matin à onze heures , et le soir à six, le concierge, dépositaire des clefs de chaque loge, venait ouvrir aux détenus, qui se réunissaient pour prendre ensemble leurs repas ; mais défense à eux de sortir du palais de l’Institut. Tout ce qui venait du dehors , papiers , lettres , livres , linge , était soigneusement visité , afin que les élèves ne pussent obtenir ni aide ni conseils de personne. Ce qui n’empêchait pas qu’on ne les autorisât à recevoir des visites dans la cour de l’Institut, tous les jours, de six à huit heures du soir, à inviter même leurs amis à de joyeux dîners, où Dieu sait tout ce qui pouvait se communiquer, de vive voix ou par écrit, entre le bordeaux et le Champagne. Le délai fixé pour la composition était de 22 jours ; ceux des auteurs qui avaient fini avant ce temps étaient libres de sortir, après avoir déposé leur manuscrit, toujours numéroté et signé. Toutes les partitions étant livrées, le lyrique aréopage s’assemblait de nouveau, et s’adjoignait à cette occasion deux membres pris dans les autres sections de l’Institut. Un sculpteur et un peintre , par exemple , ou un graveur et un architecte ^ ou un sculpteur et un graveur, ou un architecte et un peintre, ou même deux graveurs, ou deux peintres, ou deux architectes , ou deux