Page:Berlioz - Voyage musical en Allemagne et en Italie, II, 1844.djvu/35

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» — Il n’y a pas besoin de savoir comment ; » seulement, si on vous dit par hasard : Quel titre avez-vous pour juger les compositeurs ? » êtes-vous peintre, graveur en taille-douce, » architecte, sculpteur ? vous répondrez : Non, je » suis. . . voyageur, marin, mousse de la compagnie des Indes. C’est plus qu’il n’en faut. Ah » ça^ voyons, comment s’est passée la séance ? » — Oh ! tenez, ne m’en parlez pas ; c’est » toujours la même chose. J’aurais trente enfants, que le diable m’emporte si j’en mettrais » un seul dans les arts. Parce que je vois tout ça, » moi. Vous ne savez pas quelle sacrée boutique. .. Par exemple, ils se donnent, ils se » vendent même des voix entre eux. Tenez, une » fois, au concours de peinture, j’entendis M. Lethière qui demandait sa voix à un musicien * » pour un de ses élèves. Nous sommes d’anciens » camarades, qu’il lui dit, tu ne me refuseras

II faut dire, pour être juste , que si les peintres jugent 

les musiciens, ceux-ci leur rendent la pareille au concours de peinture, où le prix est donné également à la pluralité des voix par toutes les sections réunies de l’Académie des Beaux-Ans, lien est de même pour les prix d’architecture, de gra^ vure et de sculpture. Je sens pourtant, en mon âme et conscience, que si j’avais l’honneur d’appartenir à ce docte corps r il me serait bien difficile de motiver mon choix, en donnant le prix à un graveur ou à un architecte, et que je ne pourrais guère faire preuve d’impartialité qu’en tirant le plus méritant à la courte-paille.