Page:Berlioz - Voyage musical en Allemagne et en Italie, II, 1844.djvu/49

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


M. le Secrétaire-Perpétuel , se trouve le maître illustre de l’élève couronné ; l’élève embrasse son illustre maître : c’est juste. On applaudit encore un peu. Sur une banquette du fond, derrière les Académiciens, les parents du lauréat versent silencieusement des larmes de joie ; celui-ci, enjambant les bancs de l’amphithéâtre, écrasant le pied de l’un , marchant sur l’habit de l’autre, se précipite dans les bras de son père et de sa mère, qui, cette fois, sanglotent tout haut : rien de plus naturel : mais on n’applaudit plus, le public commence à rire. A droite du lieu de la scène larmoyante, une jeune personne fait des signes au héros de la fête : celui-ci ne se fait pas prier, et déchirant au passage la robe de gaze d’une dame, déformant le chapeau d’un dandy, il finit par arriver jusqu’à sa cousine. Il embrasse sa cousine. Il embrasse quelquefois même le voisin de sa cousine. On rit beaucoup. Une autre femme placée dans un coin obscur et d’un difficile accès, donne quelques marques de sympathie que l’heureux vainqueur se garde bien de ne pas apercevoir. Ilvole embrasser aussi sa maîtresse , sa future, sa fiancée , celle qui doit partager sa gloire ; mais dans sa précipitation et son indifférence pour les autres femmes, il en renverse une d’un coup de pied, s’accroche lui-même à une banquette, tombe lourdement, et sans aller plus loin, renonçant à