Page:Bibaud - Le Panthéon canadien, 1891.djvu/60

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relation à François 1er, magnifiquement reliée et couverte de velours bien tenu par des ornements d’or. Sa mémoire, toujours en respect en Canada, s’est tout à coup réveillée plus vivace, ces années dernières, à l’occasion d’un tableau représentant ce marin, présenté à la Société littéraire et historique de Québec par le maire de St-Malo, et l’enseignement normal a été inauguré à Montréal sous son patronage : une des écoles porte son nom. Les armements de François 1er étaient bien insuffisants à établir le Canada, malgré tout ce qui se trouve d’imposant dans les patentes. Dans son second voyage, Cartier était « capitaine général de l’expédition et pilote major, avec bon nombre de navires, et de toutes qualités, arts et industries, pour plus avant entrer es dits pays, converser avec les peuples d’icelui et avec eux habiter si besoin est ». Les rois de France continuèrent à s’attribuer la propriété du Canada, et Henri III octroya à Jacques Noël et au sieur Chaton, petits-neveux de Jacques Cartier, le commerce exclusif du golfe et du fleuve St-Laurent ; un sieur Ravillon leur succéda et visita le Saguenay en 1591. Jacques Cartier fut anobli par François 1er.

Cartier (George Étienne), LL. D., et baronnet, né à St-Antoine de la rivière Chambly en 1815, se disait issu d’un frère de Jacques Cartier. Il était un patriote dans sa jeunesse. Il devint plus tard partisan d’Albion et fut l’un des principaux auteurs de la Confédération. Il prit aussi l’initiative de la codification des lois du Bas-Canada. Il était alors procureur général, mais ses décisions et opinions légales prime-sautières dans les affaires de l’incursion de St-Albans et du commis de banque Lamirande, le firent juger à Londres bien plus propre à occuper le ministère nouveau de la milice et de la défense, qu’on le vit en effet remplir avec une grande activité. Cartier mourut à Londres le 20 mai 1873. Il fut exposé dans une chapelle ardente, en costume de ministre de la milice, et ses restes furent apportés au Canada par un vaisseau de l’État. La reine écrivit à lady Cartier une lettre de condoléance. À l’arrivée du cercueil il y eut un service à Québec avec oraison funèbre par l’abbé Racine, le futur évêque de Sherbrooke, puis aux Trois-Rivières, par le grand vicaire Caron. À Montréal il eut de magnifiques obsèques. — Biographie par L. Turcotte. Statue par Hébert. Buste dans le Canadian Portrait Gallery, Toronto.