Page:Bilhaud - Solo de flûte, 1904.djvu/14

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beaucoup gêné, car je comptais dans mon instrument… en jouant… et comme on ne peut pas faire deux choses à la fois, quand je jouais, je ne comptais plus… et quand je comptais, je ne jouais plus… Aussi maintenant je compte avec le pied… n’importe lequel, ça m’est égal… quelquefois même avec les deux… surtout l’hiver… à cause du froid. Il m’arrive même souvent de ne pas compter du tout… je trouve ça plus commode. Quand je joue seul, ça n’a pas d’importance… j’arrive toujours à me suivre… ou à me rattraper, si je vais trop vite… mais quand nous sommes plusieurs… (Changeant de ton.) d’ailleurs ce n’est pas le cas.

Voyons. (Il arrange son pupitre, sa musique, porte sa flûte à ses lèvres, prend sa respiration, va commencer, et s’arrête soudain, en se penchant vivement sur son morceau qu’il prend et examine. Puis, d’un air contrarié :) Sapristi ! ce n’est pas mon morceau ! (L’examinant de nouveau et changeant de ton.) Ah ! Si, si… je vous demande pardon… seulement il était à l’envers… heureusement que je l’ai vu à temps. Ce n’est pas comme la semaine dernière, je ne m’en suis aperçu qu’au milieu… Tenez, voilà des choses désagréables pour un artiste… surtout quand il n’est pas célèbre. (Il replace son morceau sur le pupitre.)

Là, maintenant… Ah ! d’abord, prenons le la. (il porte la flûte à ses lèvres et l’en éloigne un peu pour parler.) Oui, on prend toujours le la… (Même jeu.) on pourrait prendre une autre note, mais on prend le la… (Même jeu.) je ne