Page:Bilhaud - Solo de flûte, 1904.djvu/15

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sais pas pourquoi… enfin, on le prend… une vieille habitude. (Baissant complètement sa flûte.) C’est peut-être à cause des diapasons… vous savez, ces petits instruments qui donnent le la… alors si on prenait une autre note… le sol, par exemple… comme tous les diapasons sont en la, ça ruinerait les fabricants, ce serait triste… Il est vrai que si on avait l’habitude de prendre le sol, on ferait des diapasons en sol, ce qui reviendrait absolument au même, ainsi autant vaut prendre le la.

Mais pardon, je bavarde, je bavarde, et vous finiriez par croire que je ne sais pas jouer du tout ; il n’en est rien, et je vais exécuter ce morceau… qui a été composé à mon intention par un musicien qui en sait autant que moi… C’est donc bien dans mes moyens. (Tout en arrangeant sa musique.) Comme école, mon Dieu, ce n’est d’aucune école… c’est d’une école à part, mais sans prétention. Tenez, écoutez le commencement… Je commence. (Il porte sa flûte à ses lèvres — sans jouer — reste ainsi un moment — très court — baisse sa flûte et dit :) Vous voyez… c’est sans aucune prétention… Et comme ça peint bien la situation ! (Interrogeant le public.) Il y a peut-être ici des personnes qui n’ont pas bien compris ? Je recommence. (Même jeu que plus haut.) C’est aussi simple que la première fois. Je recommencerais treize fois de suite, ce serait la même chose… mais je ne veux pas vous fatiguer, je préfère vous expliquer la situation.

C’est le duo amoureux d’un premier tête-à-tête… vous sentez déjà le mérite de cette nouvelle école,