Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/149

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


5 centimètres. On introduisit en même temps un autre thermomètre dans le rectum.

Deux ordres d’expériences furent faits sur cette enfant : d’une part, on étudia pendant son état de veille quel effet produisaient sur sa température cérébrale des mouvements, des actes d’attention ou des états émotionnels ; d’autre part, on l’a observée pendant qu’elle dormait et on a constaté l’influence des excitations extérieures sur la température de son cerveau. Les premières recherches ont donné de bien petits résultats, et cela n’est pas étonnant, les conditions expérimentales étaient si mauvaises. La malheureuse enfant était en proie à une terreur profonde quand on la transportait dans la salle d’expériences et qu’on commençait à enfoncer un thermomètre dans son crâne ; aussi, les petites opérations mentales qu’on la priait d’accomplir, comme de compter, et les mouvements qu’on lui disait de faire avec ses bras, dans l’espoir de faire élever la température de son cerveau, ne donnèrent aucun résultat appréciable parce que la malade y trouvait un soulagement à sa peur ; elle se disait sans doute que pendant qu’elle s’occupait à compter, on ne ferait pas sur elle quelque nouvelle opération chirurgicale. Cette remarque et cette interprétation appartiennent à Mosso ; cela suffît pour nous prouver qu’on ne pouvait faire aucune observation précise sur cette enfant pendant l’état de veille.

Nous donnons cependant, d’après l’auteur, le graphique de la température du cerveau et de celle du rectum pendant une partie d’une matinée. À 8 h. 35, le thermomètre est enfoncé de 5 centimètres dans la brèche crânienne, et aussitôt après un second thermomètre est enfoncé dans le rectum. La température du cerveau est enregistrée à 8 h. 45, soit dix minutes après l’introduction ; elle monte de 0°,20, tandis que le rectum se refroidit. Cet échauffement est dû peut-être à l’irritation mécanique produite par l’instrument, peut-être aussi à la peur. En A, la malade raconte son histoire, pendant deux minutes ; le cerveau continue à