Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/155

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gène, l’acide carbonique, et on peut se rendre compte de l’intensité des combustions qui se produisent au sein des tissus.

Jusqu’ici, la seule étude qui ait été faite sur les rapports du travail intellectuel et de la respiration est celle des mouvements respiratoires du thorax pendant que le sujet fixe son attention ou exécute un calcul mental ; quelques expériences éparses ont été faites sur la composition chimique des gaz de la respiration. On voit par conséquent combien il reste encore à faire.

Nombre de mouvements respiratoires. — Le nombre des mouvements respiratoires varie à peu près dans le même sens que le nombre des pulsations du cœur, et il y a parallélisme des plus frappants entre les deux fonctions ; la plupart des influences qui accélèrent les pulsations du cœur accélèrent aussi la respiration ; on peut ajouter aussi, le fait est moins connu, que les mêmes influences retardent la respiration et le cœur.

On observe seulement quelques différences individuelles ; chez certaines personnes, une des fonctions se modifie plus facilement que l’autre ; la respiration, en général, est plus sensible que le cœur aux causes d’excitation. En outre, ce qui constitue une différence générale, c’est que la respiration peut être modifiée directement par la volonté ; on peut suspendre la respiration ou la précipiter, tandis qu’on ne peut pas, en général, modifier directement, par un acte de volonté, le rythme du cœur. Cette circonstance peut devenir une cause d’erreur dans les expériences sur la vitesse de la respiration.

Le nombre de mouvements respiratoires par minute varie chez les adultes de 12 à 24 ; on peut retenir comme nombre moyen 15 ou 16 ; il y a donc en moyenne un mouvement respiratoire pour cinq pulsations.

Comme pour le cœur, la respiration est plus rapide chez les enfants que chez les adultes. Voici un tableau qui con-