Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/173

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sait pas les quantités d’acide carbonique dégagées après tel ou tel autre travail intellectuel ou physique ? On a dans les traités d’hygiène scolaire calculé la grandeur des classes, le nombre de mètres cubes d’air nécessaire pour un élève, la quantité de mètres cubes d’air qui doivent être échangés par la ventilation pendant une heure ; or pour tous ces calculs on s’est servi jusqu’ici des données expérimentales sur la composition chimique des gaz expirés à l’état de repos par des enfants d’âges différents. C’est là une erreur de méthode très grave ; nous avons montré précédemment que sous l’influence d’un travail intellectuel la composition des gaz de la respiration change notablement ; il faudrait refaire tous les calculs que l’on a faits dans les traités d’hygiène en prenant pour point de départ les données sur la composition chimique des gaz de la respiration, soit après un travail intellectuel, soit après un travail physique.

La question de l’aération des classes est très importante : en effet déjà la présence de 1 p. 1000 d’acide carbonique dans l’air est considérée en hygiène comme nuisible à l’organisme, et on cherche maintenant à construire les écoles de manière qu’après une heure de classe cette proportion ne dépasse pas 1 p. 1000 ; or, cette proportion très faible d’acide carbonique est rapidement atteinte lorsque la ventilation n’est pas suffisante. Nous donnons ci-après quelques chiffres que nous empruntons à des travaux d’hygiène scolaire suédoise[1], où ces questions sont mieux étudiées que dans d’autres pays.

Voici les résultats des calculs faits pour déterminer le nombre de mètres cubes d’air qui doivent être renouvelés par ventilation pour un seul élève pendant une heure, afin que la proportion d’acide carbonique de l’air de la classe ne dépasse pas 1 p. 1000 ; les calculs sont faits dans deux cas, lorsque la classe a une grandeur telle que pour chaque

  1. Axel Key. Schulhygienische Untersuchungen, 1886, p. 189.