Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/180

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Enfin l’auteur a aussi observé l’état de convergence des yeux et il trouve que pendant le calcul mental les yeux tendent vers la position parallèle et divergent même quelquefois.

En somme, l’examen de l’œil pendant un travail intellectuel court a montré qu’il se produit des effets de relâchement musculaire dans tous les muscles de l’œil ; ainsi la pupille s’élargit, le cristallin s’aplatit et les yeux tendent vers une position divergente. Ce sont précisément des phénomènes inverses de ceux de l’accommodation.

Des résultats analogues aux précédents ont été obtenus par Mac Dougall[1] pour les muscles des doigts ; cet auteur a trouvé que pendant le calcul mental, les doigts qui sont un peu courbés avant le calcul se détendent légèrement, il semble qu’il y ait aussi un relâchement pour les muscles des doigts.

Un autre genre d’influence produite par la fixation de l’attention sur le système musculaire est la production de mouvements très faibles des membres et surtout des mains ; par exemple, lorsqu’on porte son attention sur un objet qui se déplace, on a une tendance à faire des mouvements avec la main ; ces mouvements inconscients ont été étudiés par quelques auteurs américains ; nous ne nous y arrêtons pas, puisque cette question sort du cadre de notre étude.

À ces questions, on pourrait rattacher aussi beaucoup d’études faites sur des malades, des hystériques, des individus nerveux et d’autres encore ; ces études ont montré que certaines personnes, quand elles ont une idée dans l’esprit, ne peuvent pas s’empêcher de la traduire inconsciemment par des gestes, des mouvements, des attitudes ; et il arrive parfois qu’un expérimentateur adroit et bien dressé devine, à certains gestes ou seulement à certains mouvements fibrillaires de la main, ce que pense une

  1. Psychological Review, mars 1896, p. 158.