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DEUXIEME PARTIE
EFFETS PSYCHOLOGIQUES DU TRAVAIL INTELLECTUEL

CHAPITRE PREMIER
GENERALITES

Chacun sait qu’à la suite d’un travail intellectuel prolongé il se produit une diminution de l’activité mentale ; on ne peut plus aussi bien fixer son attention, on devient facilement distrait, on ne peut plus aussi facilement retenir de mémoire ce que l’on lit ou ce que l’on écoute, on commet des fautes en écrivant ou en faisant des calculs, enfin les associations deviennent difficiles, on ne sait plus bien écrire une composition ou résoudre un problème. Tels sont les effets psychologiques que chacun a pu observer sur lui-même. C’est de ces remarques générales que l’on se contente dans les traités de pédagogie ; on ne s’occupe pas de la question de savoir le degré et la durée de telle ou telle influence ; on ne soupçonne même pas la possibilité des méthodes expérimentales et pratiques permettant de déterminer le degré de fatigue intellectuelle. Il existe pourtant dans la psychologie expérimentale toute une série de recherches faites dans ces dix dernières années, qui ont pour but d’étudier la fatigue intellectuelle ; ces études ont été exécutées en partie dans des laboratoires de psychologie sur des personnes adultes qui se prêtent volontairement à ces expériences ; mais surtout on a fait