Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/246

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La vitesse moyenne des différents travaux intellectuels étudiés par l’auteur varie beaucoup suivant les individus et suivant les travaux. Nous donnons dans le tableau suivant la vitesse maximum, la vitesse minimum et enfin la vitesse moyenne pour différents actes psychiques qui font partie des travaux intellectuels étudiés par l’auteur.

  DURÉE minimum. DURÉE maximum. DURÉE moyenne.
Lecture d'une syllabe 
0,116 0,172 0,138
Acte de compter des lettres par groupe de trois lettres ; durée pour une lettre 
0,209 0,440 0,323
Acte de compter des lettres une par une ; durée pour une lettre 
0,317 0,530 0,406
Ecriture d’une lettre 
0,331 0,603 0,425
Addition de deux chiffres 
0,754 1,533 1,255
Séries de douze chiffres apprises par coeur ; durée pour un chiffre 
4,200 20,000 9,619
Séries de douze syllabes apprises par cœur ; durée pour une syllabe 
7,89 21,43 11,80

Les nombres du tableau précédent représentent des secondes ; on voit donc par exemple que, pour lire une syllabe, le sujet le plus rapide employait 0,116 seconde, le sujet le plus lent employait 0,172 secondes ; pour faire l’addition de deux chiffres le sujet le plus rapide mettait 0,754 seconde, tandis que le sujet le plus lent mettait 1,533 seconde, etc. On voit par le tableau précédent que plus la fonction psychique est compliquée et plus elle prend de temps, plus la différence entre la durée minimum et la durée maximum est grande, c’est-à-dire plus les différences individuelles sont grandes.

En étudiant les variations que subit la vitesse du travail pendant qu’on l’exécute, l’auteur trouve qu’en général cette vitesse augmente jusqu’à une certaine valeur maximum et puis diminue ; on peut donc distinguer, pour un travail de deux heures, deux phases différentes, la première allant