Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/279

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tions et l’erreur probable est égale à ± 290 ; c’est-à-dire que, si on trouve en réalité un nombre d’additions compris entre 6 117 et 6 697, on pourra, avec une probabilité supérieure à , affirmer que ce nombre est dû au hasard ; or, l’auteur trouve un nombre d’additions égal à 6 484.

La critique précédente s’applique aussi au travail de Rivers et Kræpelin ; ces auteurs ont aussi calculé les nombres d’additions qu’il faudrait s’attendre à obtenir et de la divergence entre ces nombres calculés et les nombres observés en réalité ; ils ont déduit des conclusions très générales sur la fatigue et le repos ; or, ils n’ont pas calculé les erreurs probables ; par conséquent, les résultats ne peuvent pas être considérés comme démontrés ; il est vrai que les écarts observés dépassent en général ceux d’Amberg, mais les auteurs déduisent leurs conclusions aussi bien des écarts grands que des écarts faibles ; c’est une erreur grave qui diminue de beaucoup la valeur de leur travail.

Amberg explique ses résultats en admettant qu’indépendamment de l’exercice et de la fatigue il existe un troisième facteur que l’on peut appeler l’entraînement ; c’est l’état dans lequel on se trouve lorsqu’on fait quelque travail pendant un temps assez long avec beaucoup d’énergie ; il faut un certain temps pour acquérir cet entraînement ; ce temps est probablement dans le cas présent supérieur à cinq minutes, voilà pourquoi dans la deuxième série un repos de cinq minutes intercalé après chaque cinq minutes de travail est défavorable. D’un autre côté, cet état émotif est intimement lié au travail même, et si on interrompt le travail pendant un temps assez long, l’entraînement acquis disparaît ; c’est ainsi que l’auteur explique pourquoi un repos de quinze minutes après une demi-heure de travail a une influence défavorable.

Cet entraînement subsiste tant que la fatigue n’est pas très développée, mais à mesure que la fatigue augmente l’entraînement disparaît, et à ce moment un repos de