Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/295

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qu’avant, qui n’ont par conséquent pas été fatigués ; ces exceptions disparaissent dans cette manière de calculer les résultats.

Cette méthode indique le degré de fatigue intellectuelle pour toute la classe en général ; c’est cette méthode qui doit être d’abord employée, puisqu’il importe avant tout de connaître comment la plupart des élèves d’une classe se fatiguent.

Pour l’examen individuel, on procède autrement : on examine la copie de chaque élève, faite avant la leçon, et celle après, et on peut répartir les élèves d’une classe en plusieurs groupes : ceux qui après la leçon ont exécuté l’exercice mieux qu’avant, ceux qui l’ont exécuté de la même manière dans les deux cas, et enfin ceux qui l’ont fait moins bien après la leçon qu’avant. On peut ensuite examiner de plus près quels sont les élèves de chacun de ces groupes, s’il n’y a pas quelque rapport entre la place dans la classe des élèves et le groupe auquel l’élève appartient, etc. ; c’est en somme un examen tout spécial qui indique les différences individuelles dans le degré de fatigue produite par une leçon déterminée.

Lorsqu’on choisit l’exercice qui devra servir d’épreuve pour le degré de fatigue intellectuelle, il faut prendre quelques précautions. Il faut d’abord autant que possible que cet exercice présente une difficulté presque égale pour les différents élèves ; ainsi on peut bien admettre qu’une dictée présentera pour tous les élèves d’une classe une difficulté peu variable d’un élève à l’autre, mais cette même dictée sera bien plus difficile à faire pour les élèves des classes inférieures que pour ceux des classes supérieures. Or il est probable qu’une même fatigue intellectuelle influe plus sur un exercice difficile que sur un exercice facile.

Par conséquent, si on trouve qu’après une certaine leçon le nombre de fautes dans la dictée a augmenté plus chez les jeunes élèves que chez les plus âgés, on ne peut pas en conclure que les jeunes élèves ont été plus fatigués que les