Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/32

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fait un vigoureux effort d’attention, pour comprendre un point obscur, ou pour rappeler un souvenir rebelle, ou pour apprendre quelque chose de nouveau. C’est le travail intellectuel intense, et chacun peut s’en faire une idée personnelle en essayant de calculer mentalement. Le travail scolaire tient le milieu entre ces deux extrêmes ; il exige de temps en temps des efforts intenses, puis il comprend de longues phases de travail très modéré.

Une distinction analogue à la précédente est celle du travail intellectuel volontaire et automatique. Le premier consiste à faire quelque chose de nouveau, le second consiste dans une application de souvenirs ; c’est une routine que l’on trouve dans tous les métiers, les plus intellectuels comme les plus mécaniques. Le travail intellectuel volontaire et nouveau exige un double effort, l’un pour concentrer son attention sur le travail en train, l’autre pour empêcher les idées étrangères à ce travail de se développer. Pour étudier les effets du travail intellectuel automatique, il suffit de comparer les effets du sommeil à ceux de l’état de veille.

Ce sont les influences produites par un travail intellectuel volontaire qui nous intéressent dans ce livre ; en effet, c’est le travail volontaire qui est exigé des élèves dans les écoles et c’est ce travail qui produit des effets de fatigue mentale qui, en augmentant d’intensité, sont si nuisibles à l’organisme entier.

Nous allons indiquer brièvement quelles sont les principales formes d’activité intellectuelle qui ont été étudiées jusqu’ici.

D’abord, le calcul mental. On peut dire que le calcul mental, sous forme de multiplication, est un des meilleurs procédés pour obliger une personne à faire un effort intellectuel court et intense ; l’effort consiste non seulement à multiplier, mais à retenir les données et les produits partiels ; on a aussi, dans certains cas, à décomposer l’opération et à remplacer une multiplication difficile par deux