Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/330

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vont en croissant. Il faut placer les deux pointes simultanément, ne pas presser l’une plus que l’autre ; exercer une pression moyenne toujours la même dans les différentes expériences ; entre deux expériences successives laisser écouler vingt à trente secondes ; noter sur une feuille de papier toutes les réponses données par le sujet ; ne pas le suggestionner, ce qui est très facile dans ces expériences, une simple remarque de la part de l’expérimentateur, un air de surprise, suffisent quelquefois pour suggestionner le sujet.

Lorsqu’on fait ces expériences, on observe que, pour distinguer si le contact est produit avec une ou deux pointes, le sujet doit fortement concentrer son attention sur la sensation tactile perçue ; si on ne peut pas concentrer assez fortement son attention, on ne distinguera pas aussi facilement les deux pointes que si on la concentre fortement. Un auteur allemand, Griessbach[1] a eu l’idée de faite ces expériences sur des élèves pour voir si la force de concentration de l’attention ne variait pas après les classes, vu que toute diminution dans la force de concentration de l’attention se traduit par une augmentation de la valeur du seuil. Il a fait les expériences sur des élèves d’un lycée, sur des professeurs et sur des apprentis mécaniciens.

Les expériences étaient faites sur chaque individu séparément avant les classes, puis après chaque classe, ensuite après quelques heures de repos, et enfin le dimanche à midi. Les résultats obtenus sont très nets.

L’auteur a choisi pour les déterminations du seuil ces six endroits de la peau : le front, le bout du nez, la lèvre inférieure, la pommette, la pulpe du pouce et la pulpe de l’index.

Nous donnons dans le tableau suivant les valeurs numériques pour un lycéen de seize ans :

  1. Griessbach. Energetik und Hygiene des Nervensystems. Leipzig, 1895.