Page:Binet - La Vie de P. de Ronsard, éd. Laumonier, 1910.djvu/216

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COMMENTAIRE HISTORIQUE

ses Poëmes et intitulée Dithyrambes à la pompe du bouc de E. Jodelle, 1553 (éd. M.-L., II, 209).

Quoi qu’il en soit, non seulement il a eu tort de dire que les Folastries étaient l’œuvre de plusieurs poètes, mais la façon dont il en parle pourrait faire croire qu’elles furent toutes composées à l’occasion des premiers succès dramatiques de Jodelle ; et on l’a cru en effet, comme le prouve ce titre fantaisiste d’une réimpression de la Folastrie III publiée en caractères gothiques vers 1598-99 (Paris, s. d.) : Les Folastries de la bonne chambriere, A Janot Parisien, recitées au Bouc de Eslienne Jodelle. Même pièce et même titre à la suite du Banquet des Chambrières, réimpr. par Pinard en 1830 ou 1836 (Paris, s. d.). Aimé Martin, qui possédait l’éd. de 1584 du Livret de Folastries, a écrit au sujet de ce vol. une note qui prouve que lui aussi a été induit en erreur par le texte de Binet qu’il cite (v. la réimpr. de l’édition princeps du Livret de Folastries par Jules Gay, Paris, 1862, pp. vi et xii de l’Avant-propos).

P. 24, l. 30. — Poëte dythirambique. Binet est le seul écrivain du xvie siècle qui ait attribué ces Dithyrambes à Bertrand Berger, et c’est sur ce seul témoignage qu’on les lui attribue encore aujourd’hui. Chose notable, Colletet, qui d’ordinaire copie servilement Binet, les a attribués sans hésitation, et par deux fois à Ronsard (Vie de Muret, passage reproduit par Rochambeau, op. cit., p. 234 ; Vie de Ronsard, éditée par Bl., p. 95). Je crois avoir démontré suffisamment que Colletet a raison contre Binet (thèse sur Ronsard p. lyr., pp. 99 à 102, et pièce justifie. I)

Sur Bertrand Berger (ou Bergier) de Montembeuf, v. Chamard, J. du Bellay, p. 47 ; Laumonier, Ronsard p. lyr., passim. Parmi les pièces que les poètes de la Brigade lui ont adressées, à noter ici, à cause de leur titre dont Binet s’est inspiré : une odelette de Du Bellay publiée dans les Jeux Rustiques (1558), A Bertran Bergier, Poëte dithyrambique ; une épigramme du même composée en 1559, mais publiée seulement dans les Xenia (1569), Montibos poeta dithyrambicus.

P. 24, l. 52. — sous le tombeau. Cf. Bl., VI, 381 ; M.-L., Appendice de la Collection de la Pléiade, I, 51. Binet n’a guère pu copier ces vers que dans la réédition subreptice des Folastries de 1584, car ils ne reparurent pas parmi les œuvres de Ronsard avant l’éd. collective de 1604, et d’autre part le livret original de 1553 devait être déjà rarissime. Notons pourtant que dans les deux seules éditions des Folastries publiées au xvie siècle, on lit au 4e vers cette leçon différente de la sienne :

Qui font rebondir la terre.

P. 24, l. 53. — et mascarade. V. à ce sujet de judicieuses réflexions dans Viollet-le-Duc, op. cit., p. 282 ; Blanchemain, éd. de Ronsard, VIII, 32, et Perdrizet, op. cit., p. 52.

P. 25, l. 5. — où il alloit. Cf. Arnaud Sorbin, Histoire contenant un abbregé de la vie, mœurs et vertus du roy tres chrestien et debonnaire Charles IX... amateur des bons esprits (1574). Sorbin, évêque de Nevers, était le prédicateur et le confesseur de Charles IX. Voici ce qu’en dit Colletet : « Il remarque que ce prince genereux aimoit la poesie et pre-