Page:Binet - La Vie de P. de Ronsard, éd. Laumonier, 1910.djvu/293

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ET CRITIQUE

rétablit le mot publiez ; M.-L. le mot donnez. Mais cette correction, que d’ailleurs ils n’ont pas signalée, laisse la phrase obscure et l’assertion inexacte. Si l’on a voulu désigner tout le fragment — et cela paraît certain — on s’est trompé, puisque Binet l’a fait imprimer en 1587, du vivant de Henri III, sauf les huit premiers vers, qu’il a publiés seulement sous le règne de Henri IV ; d’autre part, puisque Binet les a publiés, c’est lui qui les a « conservés à la posterité », et non pas un autre Beauvaisin, auquel il les aurait « donnez ».

P. 49, l. 3. — en nos temples. C’est-à-dire qu’il pouvait consacrer sa Muse aux sujets religieux, et réussir aussi bien que S. du Bartas, auteur de la Sepmaine, dont la gloire balançait celle de Ronsard, du moins aux yeux des huguenots. — Binet, parlant d’« autres semblables pieces », fait allusion à l’Hymne triomphal sur le trespas de Marguerite de Navarre, à l’Hymne de l’Hercule chrestien, à l’Hymne de la Mort, à la Paraphrase du Te Deum, à la Priere à Dieu pour la victoire, à l’Hymne de St Roch (Bl., II, 373 ; V, 168, 239, 255, 262 ; VII, 149).

P. 49, l. 4. — desseigné trois livres. C’est-à-dire : Il avait aussi fait le plan, tracé les grandes lignes de trois livres.

P. 49, l. 5. — vers la fin des Poëmes. Ce début de poème didactique fut publié pour la première fois dans l’éd. collective de 1584 : on l’y trouve l’avant-dernière pièce des Poëmes ; dans l’éd. de 1587, c’est la dernière pièce des Poëmes. Il est transporté en 1597 dans la Vie de Ronsard de Binet, où il reste dans les éditions postérieures[1] ; mais à partir de 1609, il est en même temps réimprimé à la fin des Œuvres parmi les pièces « retranchées » et les « fragments ». En 1584, 1587, 1609 et éd. suivantes, il ne porte pas de titre, ni de dédicace au Roi, mais est précédé de cet avis : « Il appert par ce fragment que l’auteur vouloit entreprendre un plus grand ouvrage. » (Bl., VII, 279 ; M.-L., V, 236.)

P. 49, l. 15. — te veit. C’est la vraie leçon, celle qui parut du vivant de Ronsard (en 1584 ; et qui fut reproduite en 1623. On lit le veit en 1597 et 1604, le veut en 1609 et 1630, te veut en 1617.

P. 49, l. 18 — prince Henry. S’agit-il de Henri III, comme le pense Blanchemain ? Si oui, l’hémistiche « des armes la merveille » ne correspond guère à la vérité, à moins d’y voir une allusion aux victoires retentissantes de Jarnac et de Moncontour, remportées en 1569 sur les huguenots, alors que le futur Henri III n’était que le duc Henri d’Anjou, lieutenant général du royaume à 17 ans (cf. l’Hymne : « Tel qu’un petit aigle sort » (Bl., V, 144), l’Hydre desfait (Id., VII, 155), les premières pièces du Bocage Royal (Id., III, 277-78, et 304).

P. 49, l. 22. — Tu-lion. Pour cette forme, cf. dans les œuvres de Ronsard le Tu-geant (Bl., I, 127 ; II, 76). Ces vers sont reproduits dans l’éd. Bl., VII, 306, et dans l’éd. M.-L., VI, 295.

  1. Ainsi Binet obtint de Galland en 1597 qu’une pièce fût distraite des Œuvres de Ronsard pour passer dans sa biographie, comme en 1586 il avait obtenu la même faveur pour deux pièces des Derniers vers, et en 1587 pour un sonnet du Tombeau de Ronsard (v. ci-dessus, pp, 180 et 190).