Page:Binet - La Vie de P. de Ronsard, éd. Laumonier, 1910.djvu/294

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COMMENTAIRE HISTORIQUE

P 49, l. 25. — Iocaste. Il faut lire ici Iocaste, et non Jocaste, qui rendrait le vers faux.

P. 49, l. 27. — peut. Forme régulière pour put. Cf ci-dessus, p. 39, l. 26.

P. 49, l. 34. — Soleil. Blanchemain annote ainsi ces vers : « Sans doute la suite eût expliqué ces dix bœufs du soleil. J’ai reproduit les mots sans les comprendre. » Sans parler du vers 8 du premier livre de l’Odyssée où sont mentionnés les « bœufs du Soleil », Ronsard a imité directement ce passage de l’idylle XXV de Théocrite, Hercule tueur de lion : « Puis venaient trois cents taureaux... puis enfin douze consacrés au Soleil... le plus irritable, le plus vigoureux et le plus fier d’entre eux était le grand Phaéton... Or, ayant aperçu la peau du lion terrible, il se rua sur l’habile archer Héraklès pour le frapper au flanc du choc de son front solide. »

P. 49, l. 44. — nostre langue. Sur les premiers vers latins de Ronsard, cf. H. Chamard, Rev. d’Hist. litt., 1899, p. 34 ; P. Laumonier, Rev. de la Renaissance, 1902, pp. 97-98. — Pour le début et la fin de cet alinéa, Binet s’appuie sur deux passages des œuvres de Ronsard :

Si autrefois sous l’ombre de Gatine
Avons joué quelque chanson Latine
D’Amarille enamouré...
(Ode A son Luc, Bl., II. 394 ; M.-L., VI, 57.)

Je fu premierement curieux du Latin :
Mais cognoissant, helas ! que mon cruel destin
Ne m’avoit dextrement pour le Latin fait naistre
Je me fey tout François, aimant certe mieux estre
En ma langue ou second, ou le tiers, ou premier
Que d’estre sans honneur à Rome le dernier.
(Poëme A P. L’Escot, Bl., VI, 191 ; M.-L., V, 177.)

Quant aux vers latins que mentionne Binet, on peut lire ceux que Ronsard adresse à Charles d’Angennes, évêque du Mans, au tome VII de l’éd. Bl., p. 6, une épigramme contre les calvinistes et l’épitaphe de Charles IX, au même tome, pp. 134-35, 176. Mais on chercherait vainement les vers au Card. de Lorraine dans les éd du xixe s. ; c’est un distique qui a paru en 1565 à la fin de la plaquette intitulée le Proces, et qu’on retrouve à la fin de la même œuvre dans les éd. collectives de 1567, 1571, 1573 (Poëmes, I, n° 4). Ce poème, qui commence par : « J’ay proces, Monseigneur, contre votre grandeur... », a été reproduit par Bl. III, 349 et par M.-L. III, 268, mais sans le distique latin. Toutefois M.-L. a signalé ce distique dans le dernier vol. de la Pléiade françoise, Appendice, II, 414 :

Ad Carolum Lotharingum.
Carole, Ronsardum sine vincere, victus ab illo
Post tua victurus facta superstes eris.

Ajoutons les treize hendécasyllabes Ad Tulleum, publiés par Bl., VIII, 135. Cela fait au total 67 médiocres vers, écrits après 1560. Qu’on juge par là de ceux que Ronsard composa vingt et trente ans plus tôt ! Il a écrit aussi aux environs de 1516 un Eloge latin de Pierre Paschal, qui