Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/166

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fonctions physiologiques se ralentissent ; leur force dynamométrique diminue, même dans le côté sensible ; les mouvements des membres sensibles deviennent moins précis et moins rapides ; leur mémoire et leur pensée sont plus paresseuses. C’est bien la suppression de la lumière qui produit ces résultats, comme M. Féré l’a fait voir dans une série d’expériences. L’expérience de Strumpel conduit à la même conclusion[1].


V


Nous n’avons pas encore terminé l’étude des mouvements volontaires exécutés par des membres anesthésiques ; ces mouvements présentent plusieurs caractères objectifs, qui dépendent de l’anesthésie et qu’on peut résumer de la manière suivante :

1° Une diminution dans la force de pression dynamométrique ;

2° Un allongement du temps physiologique de réaction ;

3° Une forme particulière de la contraction volontaire ;

4° Une augmentation dans la durée de l’état de contraction, augmentation produite par l’absence de fatigue et d’effort.

La simple énumération de ces différents points fera sans doute supposer qu’il s’agit de phénomènes purement physiologiques, qui n’intéressent que médiocrement la psychologie ; ce serait une erreur. La psychologie n’a pas à tirer profit seulement des expériences qui se passent en conversations ; il y a des phénomènes purement matériels, tels qu’une contraction musculaire, qui peuvent nous renseigner sur un phénomène mental, et c’est précisément ce qui se passe ici.

Quand l’hystérique exécute un mouvement volontaire

  1. Nous ne faisons qu’indiquer la question. Pour plus de détails, il faut lire l’ouvrage de Féré : Sensation et Mouvement, un article de Raymond (Revue de médecine, 1891) et une note de Pick (Neurol. Centralb., 1891, n° 15).