Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/167

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avec sa main insensible, c’est une sous-conscience, avons-nous vu, qui reçoit l’ordre et qui se charge de l’exécuter ; or si l’on étudie de près la façon dont cet ordre est exécuté, si on recueille la contraction musculaire avec des appareils de précision, on trouve dans le tracé de cette contraction des caractères qui démontrent l’existence d’une sous-conscience. C’est là une question fort intéressante, et qui mérite qu’on s’y arrête un instant.

Force de pression dynamométrique. — On mesure dans la clinique médicale la force volontaire d’un sujet au moyen du dynamomètre, qui indique la force de contraction des muscles fléchisseurs des doigts.

Depuis les recherches de Briquet, et de Burcq, l’inventeur de la métallothérapie, on sait que la force de pression est moindre dans le côté anesthésique que dans le côté sain. Cette différence, sans être constante, est cependant si générale qu’elle peut servir de signe objectif à l’anesthésie ; depuis que nous faisons des études de psychologie sur les hystériques, nous relevons toujours l’état des forces dans la main droite et dans la main gauche, et nous n’avons pas trouvé plus de deux ou trois exceptions à la règle de Burcq. M. Pitres en a signalé aussi quelques-unes[1].

La différence de force entre les deux côtés offre une grande variété suivant les sujets ; tantôt, elle est presque insignifiante et consiste en quelques kilogrammes de plus ou de moins ; par exemple, la main anesthésique donnera une pression de 25 kilogrammes et la main sensible une pression de 28 kilogrammes. Si c’est le côté gauche qui est anesthésique, une différence de 2 ou 3 kilogrammes n’indique pas un affaiblissement, car elle est normale chez les droitiers. Dans d’autres cas, la différence, plus accusée, peut s’élever à 10 ou même 20 kilogrammes et davantage. On ignore la raison de ces différences, et on n’est pas parvenu à les rattacher à une cause bien déterminée, par exemple au degré de l’anesthésie.

  1. Op. cit., p. 33.