Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 3.djvu/254

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Gazette de France ; et elle avait pour principaux représentants le duc de Bellune, le vicomte de Châteaubriand.

La seconde n’attendait rien que de l’intervention armée des Puissances. Elle dominait à Holy-Rood, et recevait son impulsion du duc de Blacas.

La troisième repoussait comme impopulaire et funeste l’intervention de l’étranger ; mais elle rejetait en même temps tout système d’opposition légale, et comptant sur les ressources des royalistes à l’intérieur, elle n’aspirait qu’à soulever les provinces. Les yeux fixés sur Massa, elle applaudissait aux sentiments aventureux de Marie-Caroline, et avait pour chefs le maréchal Bourmont, le comte de Kergorlay, le duc d’Escars, le vicomte de Saint-Priest.

Cette division du parti rendait le rôle de Marie-Caroline très-difficile et très-périlleux, car elle avait de la sorte à lutter, non seulement contre la prudence timide des notabilités légitimistes de la capitale, mais encore contre le mauvais vouloir des grandes Cours, qu’irritait le désir affiché par la princesse de se rendre indépendante de leur appui.

Dès son arrivée à Massa, Marie-Caroline avait pu entrevoir les difficultés de son entreprise. Nous avons dit que le duc de Blacas lui avait été donné comme mentor politique. L’attachement qu’elle témoignait à M. de Mesnard, son premier écuyer, et à M. de Brissac, son chevalier d’honneur, fit ombrage au favori de Charles X, et ces messieurs ne tardèrent pas à apprendre qu’on cherchait à les éloigner. M. de Brissac, dans sa droiture, n’en voulut rien