Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/120

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


gurer M. de Montalivet. Il était en effet singulier que ce personnage n’eût retiré aucun bénéfice de ses dissidences avec M. Thiers, et d’une rupture dont le roi avait été si touché! Mais M. de Montalivet tenait fortement au portefeuille de l’intérieur, portefeuille trop important pour n’être pas convoité par un homme tel que M. Guizot. Et de là naquit un désaccord auquel M. de Montalivet fut sacrifié.

Ce n’est pas que M. Guizot désirât pour lui-même le ministère de l’intérieur. Vivement pressé de le prendre, et par M. Duvergier de Hauranne, et par les principaux chefs du parti doctrinaire, il s’y refusa constamment mais il prétendait l’occuper par une de ses créatures il le demanda et l’obtint pour M. de Gasparin, dont il était sûr. Car dominer le Cabinet, dans une position secondaire, plaisait à cet homme orgueilleux.

Au premier rang des difficultés dont M. Thiers lui laissait l’héritage, M. Molé trouva la question Suisse.

Nous avons fait connaître la réponse de la Diète à la note de M. de Montebello. Mais, après l’arrestation et les aveux de Conseil, il était impossible que la Suisse se bornât à une protestation timide. Le 9 septembre (1836), la Diète entendit, au sujet de l’affaire Conseil, la lecture du rapport rédigé par MM. Monnard et Keller, rapport cité plus haut, et qui contenait ces mots «Qu’on pense ce que l’on voudra de l’emploi des espions par les gouvernements et les ambassades; qu’on admette comme vrai ou faux que la limite entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas ne se trace pas pour la