Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/129

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


vent, même alors, à d’intercalaires infortunes qui sollicitaient son pizzicato. Il ne se fût pas permis de claquemurer ainsi complètement sa vocation.

Béatrix, de son côté, ne parut avoir nulle soif de le confisquer, entreprit même, tous les printemps et tous les automnes, le licenciement de ce tripoteur lacrymal qui se cramponnait toujours.

N’importe, elle était quand même l’Idéale et la mort seule put la délivrer.

Combien de fois, lorsque j’essayais encore de le ressaisir, combien de fois, juste ciel ! et avec quels yeux baignés d’infini, m’en parla-t-il, comme les premiers chrétiens parlaient de leur Dieu, sous la dent des bêtes !

Enfin, je le répète, cette liturgie de petits frissons et de soupirs lents permit à la terre de rouler sept fois autour du soleil.

— Est-elle du moins ta maîtresse ? lui demandais-je quelquefois.

Question brutale, j’en conviens, qui le faisait aussitôt remonter dans son vitrail. Sa réponse négative expirait dans un geste pieux.

Ai-je besoin de le dire ? Béatrix puait de la bouche et peut-être aussi, je pense, de ses larges pieds. Elle était si dinde qu’on se sentait pousser des caroncules au bout d’un quart d’heure de conversation.

Ses manières correspondaient à sa figure qu’on eût crue tirée du saloir d’un charcutier de la populace.